« La volonté de Dieu c'est votre sanctification » (1Th 4, 3)

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Je me rappelle qu’un jour dans une gare routière j’ai été surpris en constatant qu’une dame pourtant à l’allure respectable marchait pieds nus. Il m’a fallu quelques minutes pour comprendre que c’était une malade mentale lorsqu’en l’observant attentivement je me suis rendu compte qu’elle tournait en rond comme si sans but.

Cet événement m’a permis de faire le parallèle que nous aussi pouvons être considérés comme fous si nous tournons en rond, vivant comme si nous n’avions pas de véritable but.

C’est vrai que pour la plupart, depuis l’enfance, nous avons appris qu’il nous fallait chercher une bonne situation sociale : bonne éducation, bon travail, bonne famille, être riches et jouir de la vie. Ce sont là certains états que le monde trouve correspondants au succès. Souvent, nous passons du temps à poursuivre ces buts sans vraiment les atteindre, comme si nous courions après le vent (cf. Qo 2, 11). Un désir satisfait fait naître un autre nouveau désir de plus en plus exigeant. Pourtant, plusieurs fois, nous avons été déçus par : les échecs aux examens et en amour, par le manque de travail décent, par la faillite dans les affaires, par les biens détruits ou perdus, les déceptions familiales, les enfants désobéissants etc. Aussi vrai que c’est à peine si beaucoup arrivent à acheter ou construire une maison, à acheter une voiture, à bien se soigner, ou à subvenir à tous les besoins de la famille. Régulièrement, nous recherchons des plaisirs mondains qui pourtant laissent un arrière-goût amer ou une insatisfaction profonde. Il arrive aussi qu’on atteigne nos objectifs de vie, oubliant que sur cette terre, nous ne sommes que de simples pèlerins. Tôt ou tard, nous retournerons chez notre Père, laissant derrière nous tout ce que nous aurons accumulé. Nous n’avons rien apporté dans ce monde, nous n’en emporterons rien (cf. 1Tm 6, 7).

Les biens matériels et la jouissance d’un bon rang social ne sont pas mauvais. Mais notre attitude envers ces biens nous détourne souvent des délices éternels et du monde à venir (cf. Col 3, 1). Dieu dit pourquoi il nous a créés : « La volonté de Dieu, c’est votre sanctification » (1Th 4, 3). La sainteté est notre vocation commune. Les chrétiens sont appelés à vivre l’idéal de sainteté et à le proposer aux autres. Le Saint Jean Paul II a dit : « Seuls les saints peuvent renouveler le monde. Ils renouvellent l’Eglise de l’intérieur et la conduisent vers ce qu’elle doit être ». Le Concile Vatican II a dit que tous les fidèles chrétiens de tous les états de vie sont appelés à grandir chaque jour dans la sainteté au milieu des circonstances de leur vie (Vat II, LG, 39). Par notre baptême, le germe de sainteté est semé en nous et nous sommes consacrés à Dieu. Le Pape Jean Paul II a encore dit que quand on demande à un Catéchumène : « Veux-tu recevoir le baptême », en fait on lui demande « Veux-tu être saint ». Dans le Nouveau Testament, les chrétiens étaient appelés « Les saints » (1Co 6, 11 ; Ac 9, 13). C’est pourquoi la sainteté n’est pas seulement une affaire de prêtres, de religieux, de religieuses ou de quelques personnes spéciales. Tous nous sommes appelés à la sainteté.

C’est vrai que souvent, nos péchés et nos faiblesses nous découragent et c’est comme si ne nous pourrons jamais vivre notre vocation de sainteté. L’histoire de l’Eglise nous enseigne pourtant que de grands pécheurs sont devenus de grands saints. Saul, meurtrier et persécuteur de l’Eglise, est devenu Paul, l’Apôtre des païens. Marie Madeleine, une prostituée, s’est convertie et est devenue l’annonciatrice de la résurrection du Christ. Saint Augustin, dans ses ‘confessions’, dit que sa vie était d’abord pétrie d’erreurs et de péchés. Le Saint curé d’Ars a dit : « Les saints ne se ressemblent pas. Certains d’entre eux n’auraient même pas pu vivre ensemble. Tous ne prennent pas le même chemin, mais ils arrivent au même but. Tous n’ont pas bien commencé, mais ils ont bien terminé ». Saint Vincent de Paul dit que la perfection de la charité ne consiste pas en des extases. Pour sainte Thérèse de Lisieux « La sainteté ne consiste pas dans l’accumulation des pratiques, mais en une disposition intérieure de notre coeur avec la conscience que nous sommes faibles mais confiants dans la miséricorde de Dieu qui est notre Père ». Le père Libermann pense que la sainteté consiste en notre disponibilité à servir Dieu. En fait, seul Dieu est saint mais il nous communique sa sainteté. Alors, il nous faut surtout avoir le désir d’être saints et de prendre les moyens que Dieu met à notre disposition pour atteindre ce but. Beaucoup de personnes ont choisi ce chemin de vrai bonheur. Qu’il nous suffise de citer le jeune saint Carlos Acutis.

Nous ne pouvons imaginer l’Eglise dépourvue de saints. Or, ceux-ci n’étaient pas si différents de nous. Nous sommes aussi appelés à être les saints de l’Eglise de notre temps. Parmi les critères dont parle Saint Jean Paul II, nécessaires à la reconnaissance d’une association catholique authentique, figure en première place, la recherche de la sainteté (Christifideles laici). Les vrais membres d’un groupe Parole de Dieu seront ceux qui rechercheront la sainteté. Même la vie consacrée n’a de véritable sens que si l’on recherche la sainteté. Quels que soient votre état de vie et les péchés que vous avez commis avant, vous aussi êtes appelés à la sainteté. C’est le seul vrai but de ta vie. Si tu ne recherches pas la sainteté, tu gâches ta vie, tu dénatures ta vocation. En ce mois de novembre où nous commémorons les personnes décédées, rappelons-nous que nos vies ont de véritable sens que si nous recherchons la sainteté. Prions régulièrement : « Seigneur, augmente en moi le désir d’être saint ». Seigneur Jésus, en cette nouvelle année spirituelle où les groupes Parole de Dieu célèbrent leur trentième anniversaire soit une année de croissance dans la sainteté pour chaque membre.

Henri Bayemi