Bonne année en Jésus. C’est Dieu le premier à nous exprimer ses souhaits d’une excellente année : « Que le Seigneur te bénisse et te garde ! Que le Seigneur fasse rayonner sur toi son regard et t'accorde sa grâce ! Que le Seigneur porte sur toi son regard et te donne la paix ! ” »
Il nous aime et demande d’avoir confiance en lui. Mais avons-nous la foi ? Si nous avons la foi, c’est parce que quelqu’un nous a annoncés l’évangile, quelqu’un nous a amenés à l’Eglise. L’annonce de l’évangile est indispensable pour la vie de l’Eglise. Le Pape Paul VI a dit : « L’église existe pour évangéliser… C’est un devoir d’évangéliser car c’est une question du salut des âmes… Quelle que soit la clarté du témoignage de vie, il ne suffit pas. Il faut annoncer le Christ par la Parole » (Evangelii nuntiandi). Par notre baptême, nous sommes prêtres, prophètes et rois : prophètes et donc annonciateurs de la Parole de Dieu. Evangéliser est un commandement : « Allez de toutes les nations faites des disciples » (Mt 28, 18-20). Le chrétien est un missionnaire. S’il ne l’est pas, alors il devient un chrétien ‘superficiel’. Je me rappelle que ma femme avait acheté un pommier artificiel avec de jolies pommes qui y pendaient. Elle l’a installé dans le séjour. Un jour, un de nos enfants s’étant laissé tromper par l’apparence de vrai de ces pommes, a croqué avec gourmandise un de ces fruits colorés et on pouvait remarquer ses dents qui avaient dévoilé le blanc de la matière des pommes que cachait la couleur. Tout comme ces pommes étaient fausses, ainsi il y a des ‘faux’ chrétiens, ceux qui ne pratiquent pas la charité et qui n’évangélisent pas.
L’évangélisation fait partie de la nature de l’Eglise. Ce n’est pas une tâche qui incombe seulement aux clercs et religieux, mais à tout le peuple de Dieu. Selon le Pape François, « Quand on a fait l’expérience du Christ, on n’a pas besoin de beaucoup de formation pour l’annoncer ». S’il est vrai que la formation soit d’une grande aide, l’agent principal de l’évangélisation c’est l’Esprit Saint. Un noyau de femmes des Groupes Parole de Dieu de Bamenda au Cameroun était parti évangéliser à l’hôpital de Bafut au centre catholique des handicapés en apportant des provisions aux malades. Elles y ont trouvé un patient alité depuis trois ans et que la famille avait abandonné parce que paralysé ; il était dans une secte chrétienne. Elles lui ont donné les provisions et ont partagé la Parole de Dieu avec lui. Après leur passage, un mois plus tard le monsieur est devenu catholique et c’est le médecin des lieux qui était un Focolarino qui l’a rapporté. Une communauté qui n’évangélise pas s’affadit ; parce qu’en fait, les membres deviennent des consommateurs obèses qui ne partagent pas. Le Pape François avait demandé que les paroisses ne soient pas seulement des bureaux administratifs, mais qu’elles retrouvent leur élan missionnaire ; en somme, qu’elles ravivent l’élan d’évangélisation.
Il est vrai que les excuses sont souvent nombreuses pour ne pas partager la Parole de Dieu : il arrive qu’on pense : « Je ne me sens pas digne ». Pourtant l’évangélisation est une conséquence logique de l’amour pour le Christ. Une expérience authentique d’amour ne se cache pas. Elle se communique. Si l’on aime vraiment Dieu, la conséquence c’est de s’occuper de ses brebis. Alors si je n’aime pas Dieu, je ne peux pas évangéliser. Il y a des gens qui disent : « Je n’arrive pas à évangéliser, je ne sais pas ce qui me bloque ; je suis fatigué et je n’ai pas la ferveur à l’évangélisation ». Ce sont des signes qui montrent que l’amour pour Dieu manque ou est en baisse. L’évangélisation est une histoire d’amour. Lorsqu’ on aime quelqu’un, on fait ce qui lui plaît et ce qui lui donne de la joie. « Il y a beaucoup de joie au ciel pour un pécheur qui se repent » (Lc15, 7). La honte à l’évangélisation hante les chrétiens catholiques qui redoutent les préjugés et qu’on les confonde aux membres des sectes et pire, qu’on leur donne des petits noms. « Si vous avez honte de moi, j’aurai honte de vous. Si vous me reniez, je vous renierai devant mon père » (Mt10, 32-33). Ne pas évangéliser c’est laisser mourir des malades. Selon Saint Paul, l’on ne doit pas dire « J’ai déjà essayé ; il ne peut pas changer, je suis découragé ; je suis sûr que ça ne l’intéresse pas ». Evangéliser à temps et à contre temps, c’est évangéliser sans se fatiguer, ni se décourager. Le Saint Pape Jean Paul II a dit : « La foi grandit quand elle se partage » (Redemptoris missio). Beaucoup prient souvent. « Seigneur ma foi est faible. Augmente ma foi ». Voici une occasion de le faire en évangélisant.
La moisson est abondante et les ouvriers sont peu nombreux. Dans sa lettre apostolique Evangelii gaudium, le pape François exhorte tous les fidèles à raviver l’élan de l’évangélisation et à partager la Parole de Dieu avec joie. Le Saint pape Jean Paul II a encore dit : « Le vrai missionnaire c’est le saint ». Au début du trentenaire de l’existence des groupes Parole de Dieu en 2026, la ligne d’orientation est ‘d’avoir en abondance de la générosité’ (2 Co 8, 7). Evangéliser c’est être généreux des grâces spirituelles reçues. Ceci ne peut pas se faire sans une vie de prière fidèle. Ravivons dans nos vies et nos paroisses l’élan de l’évangélisation en cette année.
Henri Bayemi

